💡 « Je ne suis pas créatif. »
C’est l’une des premières phrases que j’ai entendues lors d’une récente formation interentreprises sur le thème « Développer sa créativité ».
Les participants étaient des cadres issus de secteurs très différents : énergie, enseignement, agroalimentaire, santé, protection sociale et banque. Pourtant, un même sujet revenait : d’un côté, l’injonction — réelle ou présumée — de « penser différemment » ; de l’autre, la pression de trouver des solutions réalistes à des problèmes bien concrets.
Voici trois observations tirées de cette formation.
Observation 1 : « Je ne suis pas créatif »
Être ou ne pas être créatif est tellement subjectif. Qui peut réellement se définir ainsi : « Je suis ceci » ou « Je ne suis pas cela » ?
Il faudrait peut-être commencer par remplacer « être » par « faire ». Ne plus chercher à savoir si l’on est créatif, mais commencer à produire des idées… beaucoup d’idées. On fera le tri ensuite.
L’écrivain Ray Bradbury conseillait de ne pas chercher immédiatement à écrire un bon roman, mais plutôt d’écrire une nouvelle par semaine. Au bout d’un an, sur une cinquantaine de textes, il y aurait probablement deux ou trois idées vraiment intéressantes à exploiter.
Pour la créativité, c’est la même chose : produire d’abord, juger ensuite.
Observation 2 : Une tempête de post-it ?
Un brainstorming est une session pendant laquelle on écrit librement des idées sur des post-it ?
Oui… et non.
Un brainstorming ne produit des idées vraiment intéressantes que si chaque séquence est cadrée. Il faut d’abord bien poser le problème. Ensuite, générer des idées en remettant en cause les hypothèses de départ. Enfin, revenir à une phase de structuration pour transformer cette matière en solutions.
Si, au moment de poser le problème, on pense déjà à la solution, on tue toute possibilité de réellement sortir du cadre. Et les propositions qui en sortent font souvent pschitt.
De la même manière, si quelqu’un commence à parler de faisabilité technique ou commerciale en pleine « tempête d’idées », il y a peu de chances que quelque chose de véritablement nouveau apparaisse.
Il faut donc un cadre, un animateur et des règles strictes.
Créativité rime, en fait, avec rigueur intellectuelle. Pour sortir du cadre, encore faut-il avoir construit un cadre solide. Vive les contraintes, diraient les fervents défenseurs de l’Oulipo.
Pendant la formation, le groupe travaillait sur un exercice de pensée latérale pour créer un nouveau produit pour la marque Moleskine. Au moment de poser le problème, l’un des participants a immédiatement introduit une première idée de solution.
Les biais ont la vie dure.
L’animateur doit constamment intervenir pour veiller à ce que le groupe reste dans la bonne séquence, sans commencer à anticiper la suivante.
Observation 3 : La nuit porte conseil
Fin de la première journée. Le groupe est fatigué. Une participante montre des signes d’agacement alors que nous décortiquons le processus de pensée latérale.
La meilleure chose à faire ? Arrêter.
Nous passons à un exercice plus simple pour terminer la journée.
« On laisse reposer cette technique. On en reparle demain matin. »
Le lendemain, nous commençons par une mini-séance de gym sur le parvis de La Défense. Il fait beau. Un petit vent frais souffle entre les tours.
Nous revenons dans la salle.
La participante, qui semblait décontenancée la veille par les techniques de pensée latérale, vient me voir :
« Au fait, ça y est, j’ai compris ce qu’on a fait hier ! Je vois le truc. »
Une idée a parfois besoin qu’on arrête de la travailler pour commencer à faire son chemin.
Penser différemment pour agir efficacement
C’est aussi de ces observations qu’est née l’approche Off the Rails – Penser différemment, agir efficacement : aider les équipes à sortir de leurs boucles habituelles, à aller chercher des idées loin de leur secteur d’activité, puis à revenir au réel pour les transformer en solutions utilisables.
Pour faire atterrir des engins sur Mars, des ingénieurs ont notamment imaginé un système d’airbags capable d’amortir le choc avec le sol.
Et si la prochaine solution à votre problème existait déjà… mais dans un tout autre univers ?
Alors, contactez-nous pour un premier échange téléphonique exploratoire.